Carl-Frédéric De Celles évoque le rapport Gagné dans son billet sur l’Alliance numérique. Le rapport est dévastateur pour le programme des crédits multimédia et les “cités du multimédia” et lance quelques bonnes idées.
Les programmes n’ont pas créé d’emplois:
“On doit constater que depuis 2000, il n’y a globalement pas eu de création
d’emplois dans l’industrie des services des technologies de l’information.”
On a financé des déplacements d’emplois à l’intérieur du Québec :
“Pour le groupe de travail, les déplacements d’emplois constituent manifestement
un dérapage par rapport aux objectifs visés. On a en fait assisté dans certains cas
à une véritable délocalisation à l’intérieur du territoire québécois, ce qui, bien
entendu, n’était pas du tout le but recherché.”
Favoriser la création d’activités à forte valeur ajoutée;
Ici, on indique que l’aide doit bénéficier aux activités innovantes, soit “des activités soutenues dans le secteur des technologies de l’information correspondent au développement et à la fourniture de produits et services liés aux affaires électroniques, tels que
— les services-conseils reliés au développement de système,
— la mise à niveau de l’architecture technologique,
— la conception et le développement de solutions de commerce électronique.”
Intéressant, mais cette définition semble faire double-emploi avec les crédits R&D. Et surtout, l’innovation dans le Web n’est plus limitée aux technologies, mais à leurs usages. À suivre…
Alors voilà que le budget confirme l’octroi de crédits de 30% pour tous les employés d’entreprises qui oeuvrent dans les portails, moteurs de recherhce, sites web transactionnels. La définition est si vaste qu’elle couvre à peu près tout ce qui bouge en technologie au Québec. Vous pensez vraiment que l’industrie québécoise des TI a besoin d’aide?
Notre industrie s’abreuve de manière indécente aux mamelles de l’État…
Je ne crois pas André qu’il y ait un double emploi, parce que les crédit de R&D ne touche pas vraiment les activités de “conception et de développement de solutions” si elles sont (et c’est le cas de nos entreprises) réalisées dans le cadre de mandats clients.
Pour ce qui est de l’innovation, effectivement, il faudra les aider à définir bien des choses, j’ai toujours un peu peur de leurs critères face aux nouvelles réalités…
L’idée d’établir des “citées” dédiées au multimédia a eu comme conséquence de subventionner (1) le béton et (2) les patrons (à savoir que les salaires des employés n’ont pas été majorés de 30%).
Si le gouvernement du Québec souhaite vraiment aider tous les développeurs de solutions technologiques ainsi que les entreprises québécoises, notamment celles qui exportent, il faudrait canaliser les ressources financières vers une forme ou une autre d’accessibilité garantie à l’internet, notamment via des accès résidentiels et commerciaux véritablement abordables.
Une fois qu’un développeur ou un groupe, plus ou moins grand, de développeurs peut accéder à l’internet via un lien fiable, ultra-rapide et abordable, une nuée sans fin de solutions aussi inventives les unes que les autres peuvent voir le jour… sans les contraintes associées à des connections à l’internet chancelantes, plus ou moins rapides (selon l’heure du jour) et trop dispendieuses.
Notre avenir n’est pas seulement une question de béton mais bien d’exportation (et de vente) de notre savoir-faire à travers le monde.
En se dotant d’une “formule 1″ pour accéder à l’internet, incluant pour nos plus petits développeurs, on multiplie considérablement notre capacité à rentabiliser nos efforts collectifs en technologies de l’information.